645 kilomètres. Neuf jours d’effort. Des températures extrêmes. De la neige lourde, humide, imprévisible.
Le Yukon Arctic Ultra 2026 a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Dans le Grand Nord canadien, les organismes ont été poussés à leurs limites. Les corps ont souffert. Les esprits aussi.
Au bout de cette course considérée comme l’une des plus dures au monde, un homme s’est imposé.
Paul Clément. Discret, sans sponsor majeur, mais d’une régularité implacable.
Derrière lui, la bataille pour le podium a été féroce.
Yasmin Stoderegger a fait preuve d’une gestion exceptionnelle.
Maxime Bachelot a signé l’exploit d’une vie.
Et en tête pendant plusieurs jours, Guillaume Grima a vu son rêve s’arrêter brutalement. À quelques kilomètres de l’arrivée sur abandon.
Une édition 2026 marquée par la souffrance mais surtout par des performances hors normes.
Un parcours hors norme
La course, réputée pour sa longueur, son dénivelé (11 000 m D+) et ses conditions climatiques extrêmes, représente un défi mental et physique sans égal. Cette année, la douceur inhabituelle pour la saison a transformé la neige en un terrain lourd et instable, rendant chaque kilomètre encore plus exigeant.
L’abandon de Guillaume Grima, un tournant décisif
Alors qu’il visait la victoire, Guillaume Grima a été contraint à l’abandon samedi. Cela s’est produit dans la dernière ligne droite du Yukon Arctic Ultra. Le Français, en tête depuis six jours, a dû renoncer après 450 km de course. Ses pieds étaient endommagés par l’humidité, et le staff médical l’a empêché de repartir. Sous sa frontale jaune fluo, ses yeux reflétaient une immense déception. Grima avait été un prétendant sérieux à la victoire, un an après sa deuxième place derrière Mathieu Blanchard. Cet abandon a bouleversé le classement et ouvert la voie à Paul Clément pour prendre la tête.
Paul Clément, une régularité exemplaire
Paul Clément, âgé de 36 ans, a su tirer son épingle du jeu grâce à une gestion parfaite de l’effort, une régularité exemplaire et une capacité mentale exceptionnelle. Longtemps deuxième derrière Grima, il a profité de l’abandon de ses concurrents pour prendre la tête et ne plus la quitter jusqu’à l’arrivée, franchissant la ligne après 9 jours, 1 heure et 39 minutes d’effort ininterrompu.
Yasmin Stoderegger, une force de régularité
L’Autrichienne Yasmin Stoderegger termine deuxième au classement général, offrant une performance remarquable dans l’une des courses les plus exigeantes au monde. À environ 150 km de l’arrivée, elle avait été rattrapée par ses concurrents mais a su rester au contact et gérer son effort avec intelligence. Dans les derniers jours, elle a repris du rythme et grignoté des mètres précieux, sécurisant sa place sur le podium lors de l’ascension finale grâce à une régularité et une solidité impressionnantes.
Maxime Bachelot complète le podium
L’Angevin Maxime Bachelot, à 31 ans, a franchi la ligne en troisième position, accomplissant un exploit monumental après 645 km dans des conditions extrêmes. Avec Paul Clément en tête et Yasmin Stoderegger deuxième, le podium a rassemblé des athlètes français et autrichiens, témoignant de l’envergure internationale du Yukon Arctic Ultra.
Un podium mémorable
Cette édition du Yukon Arctic Ultra 2026 restera gravée dans les mémoires. Avec Paul Clément en or, Yasmin Stoderegger (Autriche) en argent et Maxime Bachelot en bronze, cette édition met en lumière l’endurance, la stratégie et la force mentale nécessaires pour triompher dans l’ultra-trail, et illustre la compétition internationale qui anime cette course extrême.
Le parcours d’athlètes aguerris
Paul Clément n’est pas un inconnu du monde de l’ultra-trail. Depuis 2016, il participe à des courses d’endurance extrêmes, dont la Diagonale des Fous à La Réunion et l’UTMB Mont-Blanc. Ces expériences l’ont préparé à affronter le défi extrême du Yukon Arctic Ultra, où il a su faire preuve de patience, de lucidité et de force dans les moments les plus difficiles.
Conclusion
Le Yukon Arctic Ultra 2026 a une nouvelle fois révélé l’ampleur du défi.
Une course hors normes. Un combat contre le froid, la fatigue et soi-même.
Malgré l’abandon cruel de Guillaume Grima, longtemps en tête, les trailers ont répondu présent. Paul Clément, Yasmin Stoderegger (Autriche) et Maxime Bachelot ont tenu bon, offrant un podium qui reflète la densité et le talent des coureurs sur cette course extrême.
Ici, la victoire ne se joue pas uniquement sur les jambes. Elle se construit sur la durée à la force mentale, à la lucidité et à la capacité de gérer l’extrême.
Une nouvelle démonstration que, dans les courses les plus dures au monde, l’endurance et la résilience font toute la différence.
Retour sur l’édition 2025 : Mathieu Blanchard sacré
L’année précédente, c’est le Français Mathieu Blanchard qui avait marqué les esprits en remportant l’édition 2025 du Yukon Arctic Ultra. Sur 645 km à travers le Grand Nord canadien, il avait franchi la ligne d’arrivée en 7 jours et 22 heures, établissant une performance exceptionnelle face aux conditions extrêmes de neige, de froid et de vent. Sa régularité et sa gestion de l’effort avaient fait la différence, confirmant son statut d’ultra-traileur hors pair et inspirant la génération suivante de coureurs français engagés sur cette course d’ultra-endurance légendaire.




