Le Grand Raid des Pyrénées 2025 s’est imposé comme un moment fort du calendrier trail, mêlant intensité, émotion et convivialité.
Portée par une météo aussi changeante que spectaculaire – mer de nuages, humidité persistante et températures allant de 10 à 20°C – cette édition a rassemblé plus de 7700 coureurs venus du monde entier pour s’affronter sur différentes distances.
Avec un plateau élite de haut niveau et une ferveur populaire intacte, le GRP 2025 confirme une fois de plus son rang parmi les grands rendez-vous mondiaux du trail.
Côté expérience vécue, Sébastien a eu la chance de participer au Tour des Lacs.
La course historique de l’évènement. Une course aussi magique que techniquement engagée !

Grand Raid des Pyrénées 2025 – Une édition marquée par l’intensité sportive et la ferveur populaire
Le Grand Raid des Pyrénées 2025 restera dans les mémoires comme une édition d’exception.
Entre météo contrastée, avec mer de nuages, humidité et températures oscillant entre 10 et 20°C, et un plateau élite international, le Grand Raid des Pyrénées 2025 a réuni plus de 7700 coureurs répartis sur plusieurs distances, confirmant son statut de rendez-vous incontournable du trail mondial.



Grand Raid des Pyrénées 2025 – Les temps forts du vendredi : plus de 2 500 coureurs au départ
Dès le premier jour, trois courses emblématiques ont donné le ton :
- Tour du Bastan (nouvelle épreuve – 826 participants) : succès de Nicolas Abbal (6h03), devant Hugues du Pontavice et Kévin Jan. Chez les femmes, victoire d’Aurélie Grangé-Paul (7h13), accompagnée sur le podium de Mylène Da Costa Reis et Estelle Migné.
- Tour du Moudang : victoire conjointe de Pierre Le Tortorec et Sébastien Lombard (7h07’13), devant Guillaume Palasset. Chez les femmes, Mélanie Lousplaas s’impose (8h41’33), suivie de Justine Landais et Florence Charlot. Le dernier a franchi la ligne après 16h31 d’effort.
- Tour de la Géla : l’Australien Ben Burgess (4h45’25) devance Pierre Ouvret et Victor Maes. Chez les femmes, Élise Guillot l’emporte (5h54’50), devant Marie Pierson et Mélanie Keranflec’h.
Le Tour du Néouvielle (40 km) – Short Series WTM
Avec plus de 1 300 inscrits, le Tour du Néouvielle a confirmé son attractivité. Le Français Clément Lalba s’impose en 3h46’46, devant l’Espagnol Francisco José Anguita Bayo (+7’34) et Vincent Migné (+18’56).
Chez les femmes, victoire d’Amaia Bouniol en 5h05’32, suivie de la Canadienne Karol-Ann Roy 5h16’17 et de l’Espagnole Raquel Rivas Martinez 5h17’29.
Le Tour des Lacs (80 km)
La course officielle
Épreuve exigeante avec ses 5 000 m de dénivelé, le Tour des Lacs a couronné le Marocain Rachid El Morabity, grand spécialiste du désert, en 10h15’08. Il devance Roméo Boisivon (+25’44) et Hugo Huberdeau (+28’41).
Chez les femmes, Émilie Laboyrie s’impose en 13h25’28, suivie de Salomé Grihon 14h58’ et Solène Orvain 14h00’56.
L’expérience de Sébastien sur le Tour des Lacs

La récupération du dossard dans une ambiance familiale
1ère étape = la récupération du dossard évidemment. Personne lors du retrait = un bonheur !
Des bénévoles super cool. Le GRP c’est surtout une grande famille !



Une vue globale sur cette course – Un parcours exigeant au cœur d’un décor grandiose


Le départ est donné samedi à 5 heures du matin, sur un itinéraire spectaculaire mêlant pistes carrossables, pentes de stations de ski et sentiers d’altitude.

La première ascension nous mène au Col du Portet avant de plonger dans la réserve du Néouvielle, véritable joyau naturel, en direction de la Mongie via le Col de Bastanet et l’impressionnant mur du Serpolet.
Après une courte descente jusqu’au Pont des Vaquès, place à l’une des difficultés majeures du parcours : la longue montée vers le Col de Sencours.
S’enchaînent ensuite le Col de la Bonida, le Col d’Aoube et le Col des Pêcheurs, avant de redescendre sur Tournaboup. Le tracé repart alors vers la zone du Néouvielle, en passant par la cabane d’Aygues Cluses, la Hourquette Nère, puis un dernier effort jusqu’au Col de Portet, avant de redescendre sur Vielle-Aure, terme de cette boucle aussi exigeante que grandiose.
En résumé un décor de rêve mais une grosse soupe de cailloux !
Partie 1 – de Vieille Aure à La Mongie – 31km
Sur cette 1ère partie de course sous le soleil, les sensations sont plutôt assez bonnes même si je ressens un manque d’entraînement dû à ma blessure au genoux… mais l’essentiel est de ne pas avoir mal donc je profite du paysage. La nuit a été très correcte et la motivation et l’envie sont là !

Evidemment gros coup de cœur pour le coin de Merlans car un coin que je connais bien quand j’y pars skié avec les enfants.


Une fois passé le refuge de Merlans, c’est une succession de zones magiques avec des bénévoles absolument adorables sur le parcours.
Une bienveillance générale sous un soleil radieux.


Les lacs « visités » sont sublimes ! un décor façon « carte postale ».



Même si les sensations ne sont pas au top (encore une fois un souci sur la nutrition), j’avance malgré tout…. Avant la descente vers La Mongie, j’ai droit à la fameuse montée de Serpolet ! Crainte par pas mal de coureurs…. Mais ça passe…
J’arrive à la Base de Vie de La Mongie dans un état correct mais pas idéal au vu de ce qu’il reste à faire.
Encore une fois un manque de préparation, des soucis de nutrition mais le kiff de ne pas avoir mal au genoux. C’est vraiment la bonne nouvelle du jour à défaut d’être très en forme.
Sur cette Base de Vie, je vois ma petite famille et ça ça vaut de l’or ! Je me change pour repartir au sec car il fait chaud et il vaut mieux faire attention (la Saharienne est bienvenue).
Et toujours une bienveillance des bénévoles et du ravito bien fourni.
Partie 2 – de La Mongie à Tournaboup – 21km
Une longue montée vers Tournaboup
Une fois ma team quitté, je reprends mon périple direction le Pic du Midi…
Sans rentrer dans les détails, la montée du Col de Sencours est très très longue et compliquée… mon chemin de « croix » technique se poursuit. Pas de bonnes sensations à cause d’une mauvaise gestion de la nutrition mais un Ultra c’est souvent ça aussi… car il n’y a pas de miracle quand on gère mal une course…

Je discute donc avec des coureurs en me glissant dans des groupes pour avancer.
Il fait chaud donc je fais surtout attention à ne pas me taper une insolation. Pas d’ombre mais des paysages de fou ! La vue du Pic du Midi qui se rapproche avec des paysages lunaires, est sublime !
Mais soupe de cailloux au menu ! donc gaffe aux entorses !

Une fois au sommet, même si physiquement entamé, je reprends des forces au ravitaillement en prenant un bon café !
La suite est plus simple avec quelques bonnes bosses le tout dans un décor « carte postale ». Je suis dans une bonne phase et ça avance…. Enfin jusqu’à l’approche de la Base de Vie de Tournaboup qui me propose une longue descente pas très fun et vu mon état de forme qui redevient bof bof on peut dire que je rame pour descendre…

Enfin la base de vie de Tournaboup
Rendu à la Base de Vie je me pose pas mal de questions évidemment et si l’éventualité de stopper me traverse l’esprit, je me dois d’aller au bout.
Ma team ne pouvant pas être présente, je me motive pour les retrouver sur la ligne d’arrivée.
Les bénévoles sont toujours aussi adorables. Le ravito bien fourni (coup de cœur pour la grenadine mais qui me fait grand bien) mais ma nutrition est toujours aussi mal gérée….

Je reprends donc la course après une pause de 30min avec un groupe de 2 mecs adorables avec qui je vais aller au bout de la course.
La forme n’est vraiment pas au rendez-vous et il me faut activer mon mental pour avancer au mieux… Décidément pas la grande patate depuis presque le début. Encore une fois la seule grosse satisfaction reste mon genoux qui tient très bien !
Partie 3 – de Tournaboup à Vieille Aure – 30km
Vers Hourquette
Après avoir quitté la Base de Vie de Tournaboup, je me dirige vers Aygues-Cluses ou j’y arrive à la tombée de la nuit avec mon duo de choc rencontré sur la course.
Un super esprit de solidarité ! On s’attend enfin plutôt ils m’attendent…. On tombe même sur des coureurs de l’Ultra. C’est génial de discuter pour faire passer le temps.
A Aygues-Cluses, les bénévoles nous accueillent de façon parfaite ! Ils nous chouchoutent en nous ramenant de quoi manger pendant qu’on reste sur notre chaise. On met une tenue pour en adéquation avec l’heure tardive.. Me concernant une veste et un buff pour ne pas avoir trop froid…
Je passe le col de Hourquette assez tard (vs mon heure théorique prévue) et toujours dans un état pas vraiment top…. Je commence en plus à vomir car je n’ai plus de jus donc forcément la route est longue.
Après ce col, on prend une descente pour rejoindre Merlans qui restera longtemps comme un cauchemar ! En gros une soupe de cailloux et de racines pendant 7km !!!
Une descente sans fin atroce ! Surement que de jour elle serait bien passée mais là vu mon état général (je vomis plusieurs fois pendant la descente), j’avance au radar en priant pour rejoindre Merlans.
C’est long, très long, trop long…. Une descente sans fin comme j’ai déjà vécu….
Vers l’arrivée
A 1h45 du matin on arrive à Merlans pour le dernier point de contrôle !
Pas beaucoup de coureurs et surtout la plupart KO debout !
Des bénévoles comme des amours qui nous motivent !
On repart à 5 pour refranchir le col de Portet ! La montée se fait bien et surtout ce sont les derniers D+ avant la bascule pour rejoindre l’arrivée.
La descente se fait tranquille. Personne ne court vraiment. La fatigue est là, les jambes sont lourdes… mais l’esprit de solidarité du groupe est génial ! On s’attend et surtout on discute pour faire passer le temps. Il fait évidemment pleine nuit et l’arrivée aura été largement décalé vu le rythme sur la fin !
Vers 5h30 du matin c’est la délivrance ! j’aperçois enfin ma team ! (J’ai lâché mon groupe pour franchir la ligne avec ma famille).
Pas grand monde sur la ligne mais tellement heureux d’en finir !
Partie 4 – le bilan de ce Tour des Lacs
Des paysages à la mode « carte postale », des bénévoles adorables, un esprit de solidarité sur le parcours, un temps magique même si un peu chaud et surtout une absence de bobo au genoux après 3 semaines de galère et surtout de crainte d’avoir une grosse blessure (la 1ère en 14ans).
Mais par contre 0 bonne sensation sur le parcours à part au sommet d’un col ! Presque 25h au mental pour 83k et 5200D+ ! Pas de bobo aux jambes mais alors une gestion de la nutrition catastrophique ! autant niveau liquide que solide !
Mon arrivée en famille aura été mon moment de kiff malgré la fatigue générale et l’envie de dormir.
Encore une fois énorme coup de cœur pour ces paysages magiques et évidemment les bénévoles sans qui rien ne pourrait avoir lieu !
Me concernant je repars mécontent de ma gestion course mais content que mon genoux aille mieux !
Le Tour des Cirques (120 km)
Avec ses 7 500 m de dénivelé, le Tour des Cirques a confirmé sa réputation de défi hors norme. Le Français Adrien Astié remporte l’épreuve en 16h56’20, devant Robin Coinus (+30’20) et Baptiste Foezon (+32’32).
Chez les femmes, victoire d’Alexandra Fischer (23h42’41), suivie d’Emma Bataille (+18’15) et Aurore Febvre (1h28’56).
L’Ultra Tour Solo (160 km) – manche du World Trail Majors
Épreuve reine de l’événement et manche du prestigieux World Trail Majors, l’Ultra 160 a tenu toutes ses promesses. Parti de Vielle-Aure à 5h du matin, le tracé de 160 km et 10 000 m D+ a sacré Gwendal Moysan en 21h49’07, le Français a pulvérisé le record, devant Baptiste Hagnère (+1h38) et Fabrice Arène (+2h41).
Chez les femmes, victoire éclatante de Jocelyne Pauly en 27h40’39, suivie de Juliette Archambeau (+21’17) et de la Chinoise Wenfei Xie (+2h13’19), qui complètent un podium international.
L’Ultra Tour Relais (160 km)
En parallèle de l’épreuve reine, l’Ultra Tour Relais 160 a offert une dimension collective à l’aventure pyrénéenne. L’équipe ASM s’est imposée en 20h00’41, suiviede Kinés Bretons (+13’37) et des Copains de Saint-Lary (+33’24).
Du côté des formations féminines, la victoire revient à l’équipe Tortuette en 26h57’19 devant Ah Hum de Calhau (+2h55) et La Goss et les Mamans (+3h35).
Grand Raid des Pyrénées 2025 – Une première pour les Joëlette
L’édition 2025 restera également marquée par une grande première : la présence des Joëlette sur les parcours.
Ces dispositifs adaptés ont permis à des personnes en situation de handicap de vivre l’expérience du GRP au cœur des Pyrénées, portées par des équipes de bénévoles et de proches.
Symbole fort d’inclusion et de partage, cette initiative illustre l’esprit d’ouverture et de solidarité qui anime le Grand Raid des Pyrénées.
Grand Raid des Pyrénées 2025 – Une édition fidèle à l’esprit du GRP
Portée par plus de 800 bénévoles, suivie par un public nombreux et enrichie par la présence d’élites internationales, l’édition 2025 a su conjuguer intensité sportive et convivialité.



Elle incarne pleinement les valeurs du Grand Raid des Pyrénées : le partage, entre coureurs, bénévoles, spectateurs, habitants et partenaires ; le dépassement, face à la difficulté des parcours et aux conditions parfois rudes ; et l’authenticité, reflet de la culture pyrénéenne et de l’esprit montagnard.
Cette alchimie confirme le rôle du GRP comme événement majeur du calendrier mondial du trail, à la croisée des traditions et des défis contemporains.



Tous les résultats complets sont disponibles sur le site : https://www.grandraidpyrenees.com
A propos de l'auteur
Sébastien Rémond
Sébastien Rémond, 41ans, marié 2 enfants. Côté "On" Responsable d'agence pour une filiale du groupe AIRBUS et côté "Off" passionné de running depuis plus de 10ans. Une envie perpétuelle de (se) découvrir, de s'amuser et surtout vivre ses rêves et les dépasser !