Tim Marklowski – Corse à Sardaigne, par GR20 et Selvaggio Blu

Tim Marklowski – Corse à Sardaigne, par GR20 et Selvaggio Blu

08 octobre 2025
Cédric Masip

De la Corse à la Sardaigne, par le GR20 et le Selvaggio Blu : l’enchaînement « by fair means » de Tim Marklowski.

« Pour la beauté de la ligne ». C’est souvent par ces mots que les alpinistes expriment l’essence d’un projet.

Pour Tim Marklowski, guide suisse installé à Berne, c’est aussi une manière de vivre.

En septembre, ce géographe de formation et montagnard dans l’âme a relié la Corse et la Sardaigne à la seule force de son corps — un enchaînement inédit du GR20 et du Selvaggio Blu, sans assistance, sans moteur, sans détour.

Un voyage de 16 jours, entre ciel et mer, sur deux des treks les plus exigeants d’Europe.

900 kilomètres, plus de 25 000 mètres de dénivelé positif, et une philosophie limpide : avancer par des moyens « justes », dans la continuité du terrain et de l’effort.

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Tim Marklowski – Un projet logique, presque mathématique

Tim Marklowski n’est pas un aventurier en quête de frisson. Chez lui, tout s’imbrique avec rigueur : le geste, la géographie, la cohérence du tracé.

« J’ai toujours été attiré par les projets à la fois beaux et logiques », confie-t-il.

Son point de départ se situe à Barcaggio. De là, il rejoint à vélo le village de Calenzana, porte d’entrée du GR20, qu’il parcourt en autonomie complète jusqu’à Conca, au sud de l’île.

Une traversée intégrale du mythique sentier corse, rude et minéral, où l’altitude tutoie les 2 500 mètres.

Arrivé à Bonifacio, il dépose son vélo, range sa carte et se jette à la mer : 13 kilomètres de nage à travers le détroit du même nom, bras tendus vers la Sardaigne.

Une transition aquatique rare, symbolique, presque poétique, entre deux mondes que tout oppose sauf la roche.

Sur l’autre rive, il reprend son vélo pour rejoindre Pedra Longa, avant d’enchaîner le Selvaggio Blu, ce sentier sarde réputé pour sa technicité extrême.

Peu balisé, souvent vertical, il serpente dans les falaises calcaires de la côte orientale, entre abîmes, cordes fixes et passages d’escalade.

Tim Marklowski
© Tim Marklowski

By fair means – Sans moteur, sans artifice

L’expression « by fair means » est empruntée à l’alpinisme classique.

Elle signifie « par des moyens justes », autrement dit sans assistance extérieure ni compromis technologique.

C’est cette éthique qu’a appliquée Marklowski à son aventure méditerranéenne. Pas de bateau, pas de véhicule suiveur, pas de publication au fil des jours.

Il documente son expédition après coup, en toute discrétion. Une démarche à contre-courant de la surmédiatisation des exploits outdoor.

« Ce n’était pas une course contre la montre, mais un voyage continu, fluide, entre la mer et la montagne », explique-t-il.

Un projet où la performance s’efface devant la cohérence, et où chaque transition — pédaler, marcher, nager — devient un fil conducteur plutôt qu’une rupture.

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Tim Marklowski
© Tim Marklowski

Tim Marklowski – Un record, mais surtout une trace

Si la performance est unique, l’homme ne cherche pas à la revendiquer. Aucune balise GPS, aucun chronomètre officiel.

Seuls quelques témoins rencontrés sur le chemin, et des images tournées pour mémoire.

Deux médias spécialisés, PlanetMountain et Bergsteigen.com, ont brièvement relayé son aventure, évoquant une première mondiale.

Mais pour Tim Marklowski, le véritable accomplissement réside ailleurs : dans la simplicité du geste et la pureté du trajet.

Une philosophie de guide

Guide de haute montagne certifié IFMGA, journaliste occasionnel, Marklowski appartient à cette génération d’alpinistes discrets qui replacent le sens avant la trace numérique.

Son projet, bien plus qu’une traversée physique, interroge notre rapport à l’espace et à la mobilité.

Entre deux îles mythiques de Méditerranée, il a relié des mondes — le granit corse et le calcaire sarde — avec pour seule boussole une idée : ne rien forcer, juste suivre la ligne naturelle.

Un triathlon de la lenteur, une odyssée sans moteur. De la Corse à la Sardaigne, Tim Marklowski a rappelé qu’à l’heure où tout s’accélère, l’aventure la plus moderne reste peut-être celle qui prend son temps.

Il nous a contactés par mail et rajoute :

« Plus : The swimming was accompanyed by a boat, which is mandatory. I did not touch it, but received drinks and food from it. »

Tim Marklowski
© Tim Marklowski

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