Joyline Chepngeno, contrôlée positive à Sierre Zinal, perd aussi sa victoire à l’OCC.
La traileuse kenyane Joyline Chepngeno, révélation fulgurante de ces deux dernières saisons, vient d’être suspendue deux ans pour dopage.
Son contrôle positif à la triamcinolone acetonide entraîne l’annulation de ses victoires à Sierre Zinal et à l’OCC, ainsi que de toutes ses performances depuis le 8 août.
Salomon Running, son sponsor principal, a annoncé mettre fin à leur collaboration.

Joyline Chepngeno – Un contrôle positif qui secoue le trail mondial
Le 9 août 2025, Joyline Chepngeno franchissait victorieusement la ligne d’arrivée de Sierre Zinal, l’une des courses les plus prestigieuses du calendrier international.
Quelques jours plus tard, le laboratoire antidopage de Cologne notifiait la présence de triamcinolone acetonide, un corticoïde interdit en compétition.
L’Athletics Integrity Unit (AIU) a été officiellement informée le 29 août, et la traileuse kenyane a reçu la notification de son contrôle le 1er septembre.
Dans sa réponse du 8 septembre, Chepngeno a affirmé avoir reçu en juillet une injection pour soigner ses douleurs aux genoux, ignorant que la substance était interdite.
Un accord rapide a débouché sur une suspension de deux ans, effective à partir du 8 septembre, ainsi que l’annulation de tous ses résultats postérieurs au 8 août.
Deux victoires majeures effacées
Cette sanction coûte cher à Joyline Chepngeno.
Elle perd :
• Sa victoire à Sierre Zinal (9 août 2025)
• Sa victoire à l’OCC (UTMB Mont-Blanc) (28 août 2025) et ses 13.000 € de primes
Une chute brutale pour une athlète qui, en l’espace de deux ans, s’était imposée comme une figure montante du trail mondial.
Une ascension fulgurante stoppée net

Chepngeno avait impressionné cette saison par sa régularité au plus haut niveau :
- Victoire au Marathon du Mont-Blanc (juin 2025)
- 3e place à la Restonica Trail by UTMB (juillet 2025)
- 2e place au Jinshaning Great Wall Trail (avril 2025)
Son parcours avait été mis en avant par son entraîneur-manager Julien Lyon, fondateur du team Milimani Runners au Kenya.
L’histoire racontait la transformation d’une athlète sans références. Revenue à la course après deux grossesses et une importante perte de poids.
Des vidéos et contenus viraux avaient contribué à son image d’athlète exemplaire.
Des antécédents et un sponsor sous pression
Ce n’est pas la première fois que le team Milimani Runners est impliqué dans une affaire de dopage.
En 2022, le Kenyan Mark Kangogo avait déjà été contrôlé positif, également à Sierre Zinal.
À l’époque, le partenariat avec On Running avait été rompu. Depuis, Julien Lyon s’était rapproché de Salomon, qui soutenait Chepngeno.
Mais dès l’annonce de sa suspension, Salomon Running a publié un communiqué officiel sur ses réseaux sociaux pour annoncer la fin de sa collaboration avec l’athlète kenyane. Rappelant son engagement pour « une pratique éthique, propre et respectueuse de l’esprit du trail ».
Un trail de plus en plus confronté au dopage
Après le cas de Stian Angermund, déchu de sa victoire à l’OCC 2023 pour dopage. Puis cette nouvelle affaire, le trail running voit son image ternie.
Certaines voix appellent à un encadrement plus strict des athlètes internationaux. Notamment venant du Kenya, pays déjà fragilisé par une succession de scandales en course à pied.
Le Festival Hoka Les Templiers a, de son côté, annoncé avoir refusé l’inscription de Chepngeno pour son Grand Trail d’octobre 2025, anticipant les suspicions.
L’organisation a renforcé son partenariat avec l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) pour instaurer davantage de contrôles.
Une affaire qui laissera des traces
La chute de Joyline Chepngeno illustre les failles du trail face au dopage et relance les débats sur l’équité sportive.
Si l’athlète kenyane paie lourdement son erreur « -« suspension, perte de victoires et rupture avec son sponsor », c’est l’ensemble de la discipline qui doit désormais trouver des réponses pour protéger son intégrité et préserver la confiance du public.